Epilogue

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Je me nome Gé...

Je suis Géralda fille de ...


Je suis une pirate et voici mon épilogue.

Il est difficile de me présenter dans ce carnet qui je l'espère me suivra tout le long de ma vie.

Je suis née dans la saleté d'une union non autorisée par les bonnes mœurs. Pourtant j'en reste persuadée, je suis née dans l'amour, l'amour de deux êtres innocents. Enfin, ma mère l'était.



Je vis le jour dans la capitainerie d'Espirito Santo, dans le nouveau monde. Cette partie du monde est régi par les Portugais, et quelques familles bourgeoises y vivent et cultivent la terre grâce à leurs esclaves. Je me souviens avoir lu qu'il y a beaucoup d'or dans les terres de ma capitainerie, mais je n'en ai jamais vraiment vu la couleur.

 Pour en revenir à mon sang, mon père était un marin Néerlandais, je ne l'ai jamais connu. Mes grands parents ont très vite rectifiés le tir si je puis dire. Ma mère fut cachée et accoucha dans le secret le plus total. Je fus envoyée dans un couvent juste après ma naissance. Je dois avouer que les couvents sont de très bons coffres à secrets. On y range ce que l'on désire et jamais ça ne ressort. Je ne sais hélas pas ce qu'est devenue ma mère. Seule ma grand-mère venait prendre de mes nouvelles. 

Mon premier souvenir je pense qu'il était avec elle. Elle venait m'offrir un met délicieux que je n'avais pas l'habitude de manger dans le couvent, c'était sucré et coloré. J'avais 6 ans, je me souviens parfaitement du goût. Je me rappelle aussi cette phrase qu'elle à prononcé.

 "Tous les secrets, sont aussi dangereux que de la poudre, le tien nous explosera en plein visage, et j'espère que ce sera toi qui allumera la mèche."

 Mes autres souvenirs du couvent sont beaucoup moins agréables. J'ai toujours su que je n'avais rien à faire en ces lieux, leur religion chrétienne n'était point la mienne. Depuis que je suis enfant j'avais l'impression que leur dieu n'était qu'une vaste blague. Pourtant toutes ces femmes y croyaient dur comme fer.

 Je pensais connaître ce que les mots souffrance, abandon, asservissement voulaient dire, enfermée dans ce couvent, mais j'étais loin de comprendre que le monde que je connaissais n'était qu'un faible aperçu de ce qu'il y avait dehors.
 J'avais une chance rare d'apprendre à lire et à écrire, comme demandé par ma grand-mère. Quand celle-ci venait me rendre visite elle me racontait comment se passait la vie de bourgeois, comment je devais me comporter quand je sortirais et qu'on allait me marier. Oui, elle ne voulait pas faire de moi une nonne, mais bien une mariée modèle et adroite. Je pense encore que c'était sa façon de se sauvegarder d'une future attaque de ma part.

 J'avais 17 ans et il était bientôt venu le temps de me présenter au "monde", dans mon esprit il avait toujours était hors de question de me marier avec un homme, ou avec leur dieu. Avec le temps l'idée de m'échapper m'obsédait. Le jour de mes 18 ans j'allais sortir et être présentée à mon futur époux.

 Je fis une tentative, qui ne m'emmena pas plus loin que le jardin des nonnes. Je n'étais pas très maligne, j'étais allée en confession avant de partir et avait avouée mes intentions. Vraiment pas maligne, la mère supérieure a du bien rire quand je me suis confiée.


 A cette époque je fus fouettée, mon châtiment était justifié, même à mes yeux. Parler de son évasion à une personne qui veut vous garder, était l'idée la plus stupide que j'avais jamais eu. En ce jour j'y repense avec tendresse. Toutes les jeunes femmes de ces lieux étaient ignorantes et peu malignes.

 Le jour de mes 18 ans on me mit une magnifique robe de fabrication française, je me souviens de ce jour comme si c'était hier.

 Cette robe était beige, presque blanche, l'allusion à ma virginité était flagrante, elle me fit presque rire. Je n'avais peut être jamais vu le loup, comme disent les femmes du grand monde, mais je n'étais pas ignorante des plaisirs solitaires. Ma seule amie religieuse m'avait apprit et donnée quelques conseils. Un acte si impur et pourtant si salvateur.